Du concept à la vérité

Du concept à la vérité

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Lysanne Pelletier
03/02/19

Plus je lis sur le développement personnel, plus ma bibliothèque de concepts s’élargie. On y trouve entre autre les concepts « Je suis l’infini », « la vie me donne ce dont j’ai besoin pour évoluer » et pour en nommer qu’un seul autre, « toute richesse est disponible à l’intérieur de moi ». Ces concepts m’interpèllent mais ne semblent pas changer ma réalité : à 35 ans, j’habite chez ma tante et mon compte en banque fait écho écho écho.

L’automne dernier, mon chum et moi étions hyper stressés. Nous passions la majorité de notre temps à angoisser. Nous étions principalement impatients d’avoir un compte en banque qui prolifère et notre propre « chez-nous ». Ayant passé la dernière année à travailler comme des demeurés sur mon entreprise et lui sur son blog, nous étions empressé de récolter le fruit de nos efforts et investissements. Mais rien. Toujours rien. Pas l’ombre d’un sous superflu après avoir payé les nécessités.

Argent je t’aime, argent je te déteste.

Nous avons alors commencé à nous éduquer sur l’argent. Nous avons d’abord lu un livre qui nous a permis de se rendre compte que nous avions une relation malsaine avec l’argent. Une sorte de relation amour-haine. Vous connaissez ? « Argent, j’ai besoin de toi. Argent, pourquoi tu ne réponds pas à mes appels ? Argent, t’es vraiment un salaud ! Argent, j’ai honte de te vouloir. Argent, bordel ! »

Suite à cette prise de conscience et une tonne d’exercices pour reconstruire une relation sur de bonnes bases avec l’argent, on a lu sur le fonctionnement du système capitaliste et comment manager son argent. Nous sommes devenu excellents dans l’art de manager nos cacahuètes mais il n’y avait toujours pas d’argent qui poussait dans nos arbres. Et malgré tous les livres spirituels qui nous disait de d’abord se sentir abondant à l’intérieur, l’impatience prenait le dessus.

Les bottines ne suivent pas les babines.

Je disais à d’autres gens, au moins 5 fois par semaine, de connecter à leur respiration et d’être conscient du moment présent. Logique, j’enseigne le yoga. Mais pendant ce temps, je n’arrivais même pas à suivre mes propres conseils. J’habitais constamment dans le futur : «Quand nous aurons notre maison, nous serons bien. Quand l’argent coulera à flots, nous serons bien ». Mon chum vivait de grandes angoisses à cette époque et je ne savais pas comment le supporter. J’avais seulement envie qu’il se lève un matin sans me demander ce que je pense de ceci ou de cela. J’étais moi-même tombée dans le piège de croire que le bonheur a une adresse et un numéro de folio, comment pouvais-je l’aider ?

Définition de l’angoisse: Inquiétude métaphysique née de la réflexion sur l’existence.

Bref, j’étais très occupée à vivre dans le futur jusqu’au jour où ma tante dise à mon chum qu’elle aimerait qu’on quitte sa maison d’ici le printemps prochain. C’était comme si le moment présent venait me chercher dans le futur pour me gifler et me ramener. Soudainement, je me calmais. Je me rappelais que ma tante est le membre de ma famille avec qui j’ai le plus d’affinités. Je disais adorer cette personne et pourtant, je ne faisais plus rien pour entretenir notre relation. Je ne passais plus de temps avec elle. Je lui parlais à peine. J’avais arrêté de nettoyer la maison. J’avais cessé de prendre soin d’une chose si précieuse : la complicité.

Mieux vaut tard que jamais.

J’avais besoin de parler à ma tante. Je lui ai partagé mes angoisses. Je me suis excusée de ne pas avoir été présente les derniers mois, excusée de ne pas avoir pris soin de notre relation. On s’est mise à pleurer. On s’est serré dans nos bras. J’avais beaucoup de peine. Mais j’étais aussi heureuse de voir qu’il n’était pas trop tard, que je n’avais pas tout détruit. Il n’y a pas si longtemps, j’aurais cherché à fuire cette situation inconfortable et serais parti me disant qu’après tout, il était temps de passer à autres choses. Merci à la vie, ce jour là, j’ai réussi à m’exprimer et reconnaître mes erreurs. Je me permettais finalement de communiquer et mettre fin au pattern de la fuite. FINALEMENT !!!

Quant à mon chum, il a pris la décision de s’inscrire, pour la deuxième fois, à une retraite de méditation de 10 jours en silence dans un centre Vipassana.

On a peut-être pas le contrôle sur certaines choses du monde extérieur mais nous avons le contrôle sur notre monde intérieur.

Cela fait maintenant trois semaines qu’il est de retour. Depuis le jour où il est revenu, notre relation a atteint un autre niveau. Il est tellement plus calme, tellement en contrôle et confiant. C’est comme si par la même occasion, il me donnait le droit d’être aussi calme et confiante. Il est « l’espace » dont j’avais besoin pour aussi expérimenter le calme, la paix intérieure. Je me suis remise à méditer de façon régulière. Et depuis, j’ai finalement expérimenté à travers la méditation ces concepts que je lis depuis si longtemps : JE SUIS abondance, JE SUIS prospérité, JE SUIS amour, JE SUIS plénitude.

Alors que je ne peux pas forcer personne à verser de l’argent dans mon compte, je peux défénitivement choisir de connecter à la source, mon essence et ressentir l’abondance, la sécurité. Car après tout, si je veux une maison ou un compte en banque fleurissant, c’est bien pour ressentir l’abondance, la sécurité et la paix d’esprit. Et si je pouvais accéder à tout cela de l’intérieur plutôt que de l’extérieur ? On peut toujours vous enlever votre maison mais pas votre pratique de méditation.

Du concept à la vérité

Aucune de nos situations extérieures n’ont changés (pour l’instant !) et pourtant, je me sens heureuse, comblée, bénie. Comme de quoi que le bonheur ne réside pas dans le futur mais bien ici et maintenant dans notre force intérieure. Ce concept de d’abord sentir les choses (amour, richesse, sécurité, etc) à l’intérieur de soi prend tout son sens. Je le comprends, je le ressens dans tout mon être. Il y a un passage du concept à la vérité qui prend place. Et c’est la même chose pour vous qui lisez cet article. Pour l’instant, ceci est une histoire que vous lisez. Un concept, une idée. Mais à travers la discipline de votre choix (yoga, méditation, pleine conscience ou autre), ce concept peut devenir votre réalité, votre vérité. Peut-être l’est-il déjà et dans ce cas-ci, j’espère que vous partagez cette précieuse leçon !

Lokah Samastah Sukhino Bhavantu

« Que tous les êtres soient partout heureux et libres, et que les pensées, les paroles et les actions de ma propre vie contribuent en quelque sorte à ce bonheur et à cette liberté pour tous. » – Mantra Sanskrit

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