Je suis flexitarienne

Je suis flexitarienne

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Lysanne Pelletier
04/04/18

Pour tous ceux qui ont besoin d’apposer des étiquettes, je suis flexitarienne. Si vous avez vous aussi une préférence végétarienne mais que, comme la langue française, vous faites place à l’exception, vous êtes sans doute flexitarien.

Pourquoi nous importe-il autant de savoir si Joséphine est végétarienne lorsqu’elle commande un plat sans viande ? C’est comme si nous avions le besoin de l’identifier, de la placer dans une catégorie, une boîte. Mais la face cachée de cette boîte révèle que Joséphine en est désormais prisonnière. Autrement c’est la confusion. Si elle commande un plat avec de la viande, elle n’est donc plus végétarienne. En conséquence, Joséphine doit supporter le poids que cela implique. Et si jamais elle avait, un 24 avril au matin, une envie de bacon ? Ah non ! Dans ce cas, quelqu’un devra se charger de la déporter de sa boîte végétarienne. Et puis quand on l’invitera à manger, elle n’aura plus le droit de nous faire son caprice de lapin. Puisque, un 24 avril au matin, Joséphine aura eu envie de bacon.

À qui la faute ?

Et si, au cours de la nuit, elle rêvait qu’elle mange de la viande ? Traître lui crierait-on ! Heureusement, elle n’a pas à nous le dire. Mais ce qui s’insinue discrètement, sournoisement, c’est un sentiment de culpabilité, voire de honte, qui grandit à l’intérieur de Joséphine. À qui la faute ? À celui qui a besoin d’apposer des étiquettes ou à Joséphine qui préfère ne pas encourager, du moins la majeure partie du temps, nos méthodes barbares d’élevage et de massacre des animaux ?

Heureusement pour Joséphine, elle peut désormais répondre « Je suis flexitarienne » lorsqu’on la questionne sur ses habitudes alimentaires. Cela implique que, la plupart du temps, elle mange végétarien. Elle écoute son corps et le nourrit de ce qu’il semble lui réclamer pour fonctionner correctement. Elle sait que le processus emprunté afin de retrouver de la viande sur les étalages du supermarché est loin d’être éthique. Toutefois, elle ressent parfois le besoin de manger un animal terrestre ou marin. Alors plutôt que de se sentir coupable, elle assume son envie. Après tout, elle est flexitarienne. Pareil lorsqu’elle se retrouve dans un resto sans option végétarienne. Parce que –qu’on se le dise– une salade verte n’est pas un plat équilibré. Grâce à son récent déménagement de la boîte végétarienne à la boîte flexitarienne, elle peut désormais commander du bacon sans avoir à se justifier.

Corollaire

Mais au delà du bacon que Joséphine peut finalement manger lorsqu’elle en a envie, son mode de vie devient de plus en plus similaire à ses préférences alimentaires, c’est-à-dire flexible. Car elle s’aperçoit finalement qu’en voulant bien faire et cesser le massacre des animaux, elle était devenue méprisante envers celui qui mange encore de la viande en 2018. Plutôt que de se retrouver dans le monde harmonieux dont elle rêvait, elle s’était réveillée un matin dans un monde de discrimination. Ainsi, depuis qu’elle est flexitarienne, elle s’accepte telle qu’elle est, sans trop se juger et bien entendu, sans trop juger les autres. Elle est désormais plus ouverte d’esprit et respire enfin l’acceptation. Hourra pour le flexitarisme !

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